Et toi, tu manges quoi ? Jérémie Beyou, skipper

Le 4 novembre prochain, ils seront 123 solitaires à s’élancer au large de Saint-Malo pour la Route du Rhum qui célèbre cette année ses 40 ans. Après 2 précédentes participations (en 2014 et 2006), le skipper breton Jérémie Beyou prendra le départ à bord de son tout nouvel IMOCA Charal. L’occasion pour Food de Sport de comprendre comment il a préparé cette course pour affronter l’océan et avaler les miles.

Food de Sport : Jérémie, vous allez prendre le départ de la Route du Rhum dans quelques jours. Outre la préparation physique et mentale que cette course impose, suivez-vous également « une mise en condition sur le plan alimentaire » avant le départ ?
Jérémie Bayou : Effectivement depuis 2014, je suis suivi par un nutritionniste qui me prodigue de très bons conseils. En fonction des courses qui ne demandent pas les mêmes efforts, je dois parfois faire une petite mise au point. J’ai pris quelques kilos lors de mon dernier tour du monde en équipage avec escales où nous faisions de grosses séances de musculation. J’ai donc suivi un petit régime accompagné de séances de préparation physique durant 4 semaines pour retrouver mon poids de forme et la musculature attendue pour participer à la Route du Rhum.
 
 FDS : Comment vous accompagne-t-il, suivez-vous un régime particulier et quels sont les conseils précieux que vous appliquez pour performer dans votre sport ?
J.B. : Oui je travaille avec un nutritionniste. L’objectif de cet accompagnement nutritionnel est d’arriver le jour du départ à mon poids de forme me permettant d’évoluer de manière optimale à bord du bateau. Il n’y a pas un régime particulier à tenir mais plutôt des éléments incontournables à respecter. Mon alimentation a donc été rééquilibrée afin de répondre aux besoins de mon organisme et à mes dépenses énergétiques quotidiennes. Cette balance alimentaire limite l’apparition de carences qui pourraient être un facteur limitant de la performance en entraînant par exemple un état de fatigue supplémentaire.
FDS : A bord du bateau et pendant toute la traversée, comment vous alimentez-vous pour éviter les coups de pompe et tenir physiquement ? Avez-vous des rituels, des habitudes alimentaires éprouvées lors de précédentes courses ?
J.B. : Sur un tour du monde, je prépare mon avitaillement pour chaque jour de la course en fonction :
– des calories attendues selon l’endroit où je me situerai sur l’océan (je ne mange pas les mêmes choses au niveau des tropiques que lorsque je suis dans des régions plus froides).
– des aliments qui peuvent se conserver sur la durée de la course et qui pèsent le moins lourd possible
– enfin selon mes goûts
Il s’agit donc de quelques produits frais ou sous-vides pour le début de la course et plutôt de plats lyophilisés pour la fin de la course. Pour la Route du Rhum, le service R&D de Charal a travaillé spécialement pour me préparer de bons petits plats à base de bœuf bien sûr, qui puissent se conserver et garder leurs qualités nutritionnelles. Enfin, je me réserve quelques petites surprises comme de la charcuterie espagnole, quelques sucreries et un peu de chocolat.
 
FDS : Votre défi est le Vendée Globe en 2020, qu’attendez-vous de la Route du Rhum notamment sur le plan alimentaire ? Allez-vous affiner ou tester de nouvelles pratiques ?
J.B. : L’avitaillement d’un Vendée Globe se fait de la même façon que celui d’une Route du Rhum, sauf que la course dure 7 fois plus longtemps environ, autour de 70/75 jours de mer. Donc sur une telle durée, je ne peux emmener que des aliments avec une longue période de conservation et ce, sans frigo sur le bateau.
Il y aura donc une majorité de produits lyophilisés. Mais là encore, le service R&D Charal, a un peu de temps avant le Vendée Globe, pour me préparer des plats adaptés à mes besoins énergétiques, à mes goûts et susceptibles de pouvoir être conservés le temps voulu.

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